Pensées insomniaques et textes poétiques...

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Créé le : 05/08/2007 15:43
Modifié : 27/04/2008 16:00

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Voyage Montpellier-Nice

01/09/2007 15:39



Une semaine sans pc pendant le voyage. C'est comme si j'avais laissé mon cerveau mais pas mon inspiration. Donc, retour à la bonne vieille méthode: papier/crayon.

Nice ressemble à palavas: touristes, touristes, et... oh! touristes! Il n'y a que des petites boutiques qui débordent sur le trottoir et où on te vend des bibelots niais que tu briseras en mille morceaux dans ta valise. J'avais l'impression d'être à tong-land! (c'était presque flippant. Les gens portaient des strings de pieds décolorés. Le genre qui a fait la guerre pendant des années). Les criques, les caravanes, le Negresco... J'ai préféré Cagnes. La maison de ma tante m'a rappelé celle des grands-parents, coincée entre les herbes folles et la cabane des voisins.

Comme vous avez pu le voir, je ne sais pas parler sans critiquer donc j'ai mis en prose poétique le récit de mon voyage. Moins acide, plus nostalgique...

Montpellier-Nice (26 août 2007)

Les yeux verts, petite soeur. Des traits félins. Un regard bleu paille. Lèvres raisin en éventail papier. Frange blonde sur le côté. J'avais une Monroe devant moi. Marilyn lisant Ulysse. Déracinée volontaire.

Montpellier-Nice. Arrêt à Marseille où les femmes brunes portent des parfum de fruits.

Saint Raphaël: des oiseaux s'engouffrent dans la gare. Quai désert comme mon inspiration.

Je n'arrive pas à écrire avec tous ces gens autour de moi. Je capte leur pensées et leurs émotions. Parasites. J'entends la vague qui les anime. Parfois rêveuse, parfois dévastatrice.



Cagnes sur Mer (27 août 2007)

À l'ombre de deux bougainvilliers, les chaises en plastique craquent sous la chaleur. Un merle sur le toit. Merle entre mes doigts: « Les vahinés avaient presque toutes adopté le baiser à la peritani: sur les lèvres. Mais elle ne lui attachait pas de signification amoureuse. Il leur arrivait même de le pratiquer entre elles: par jeu, parce qu'elles le trouvaient amusant. »

Des tâches de soleil glissant sur les peaux dorées. Il fait plus chaud qu'à Montpellier. Une petite fille en rose qui marche maladroitement. Gris perle, papillon sans ailes... sans elle?

Le chat aux reflets d'ébène, enroulé dans sa dignité féline, à l'ombre des cadavre végétaux, dort. Le tuyau d'arrosage rampe sur la terrasse inclinée. Ses anneaux de plastique frottent les dalles de gravier. Sifflement. L'eau coule sur mes pieds. Les Italiens se disputent dans la maison d'à côté. Leur accent sucré, au couleur du soleil, étendard en bottine vernie, frappe contre les volets bleus. Les percussions du Sud enchantaient les vieilles pierres qui répéteraient, des années plus tard, les secrets de cette langue.

Ma tête tourne. Certainement la chaleur...

« Tchao, tchao bella!!! ».

Et l'Italie s'en va.

Citronnier, laurier, romarin... les fruits incandescents prenaient le goût du bois. Le feu émerveillait les ténèbres. Somnolent dans sa douceur féline, le chat languissait parmi les pétales roses. Parfois quatre griffes, courbes lascérantes, chatouillaient l'air mutin. Il se laissait faire et le rondouillard soleil se retournait sur son lit d'azur.

Trois reflets pour une âme. Les verres vibraient sous la couleur des roses. Un bol brisé, relique enfantine. L'odeur du pain et du café imprégnait les miroirs dont la transparence devenait moite. Liquide pourpre, en framboise édenté. Les doigts des fantômes caressaient tristement les photographies d'enfants. J'imaginais Suzanne et Olivier soupirant ensemble devant les figures réjouies du papier glacé.



Retour Montpellier-Nice (29 août 2007)

À Marseille. Aiguilles fluorescentes qui glissent sur les visages gris. Fenêtre dans ses yeux. L'homme à la casquette rouge gobe les pièces de monnaie dont le bruit aigu a tinté le goudron. Goût métallisé sur les dalles affamées. Quai que quelqu'un quitte quasiment à contre-coeur. Les voyageurs fument. Une pomme roule sur les rails.

Lyon nous attendra.

Lumière de la ville... signaux d'alarme ou rassurantes lueurs? Phare des marins ou lampe à papillon?

Pelotonné dans son manteau de verre, un nounours râpé murmure à l'oreille d'un enfant.

Faim d'une fin.



Commentaire de vn (02/09/2007 14:18) :

J'ai hâte que tu me racontes tout ça de vive voix, le mystère c'est bien mais pour une blonde, la prose est tueuse de neurones! Ne m'en veux pas d'avoir mis précipitemment fin à notre conversation hier, mais Cata a débarqué chez moi après deux mois d'absence alors qu'en temps normal on se voit presque tous les jours lol. J'espère qu'on se parlera bientôt, et aussi qu'on se fera une soirée samedi, la dernière avant la rentrée... :-( Mon moral en a besoin. Désolée j'ai écrit un roman, gros bisous mon artistique nasale!!

http://p-inkcoffin.livejournal.com

Commentaire de Cléscendo (05/09/2007 10:47) :

J'adore les ALLITERATIONS !!! C'est mon style poétique préféré et il y en plein dans ton texte ! Un régal !!!


Commentaire de Dark. (11/09/2007 12:25) :

Encore une fois, tes textes évoquent à mon esprit tant de choses, des souvenirs reviennent au grès des mots. Les frissons se font de plus en plus présents, le texte les invitant. En bref, avec des mots simples: j'adore.




Deux jours à Lyon

03/09/2007 23:10



 Texte écrit dans la chambre de l'hôtel et fini à Montpellier, la ville où les junkies ne se couchent jamais (en référence à la campagne de pub de notre chère maire: Montpellier, la vile où le soleil ne se couche jamais!... Et bizarrement, les bars ferment à 1 heure du mat'... T_T! Les fonctionnaires de la mairie ne doivent pas connaître le terme "publicité mensongère"...)

Deux jours à Lyon


Première journée à Lyon. La languissante a rentré ses griffes. L'ambiance des rues passantes et des parcs me rappellent Montpellier. Je lis le journal dans le tramway: pas de grand dépaysement. Étrange cette impression d'être chez moi. Lyon m'aurait-elle déjà apprivoisé? Le fauve serait venu à bout de la dompteuse...

Fascination devant « le Printemps » de Monet exposé aux Beaux-Arts. Le vent dans les branches rachitiques aux feuilles tendres... comme si j'étais amoureuse. Impressionnistes lyonnais. La famille Chausson observe les visiteurs derrière une buée mélancolique. Rencontre avec des fantômes.

Les clochards nous saluaient. À leurs pieds, un chat aux yeux mi-clos, surveillait la pauvreté. Le pont rouge vibre sous nos pas. Le fleuve glisse, indifférent aux passants. Lyon s'arrête: feu rouge. L'homme d'absinthe s'illumine: les félins traversent la rue en groupe. Une pensée pour la Comédie où le tramway fait cesser les discussions. Après son passage, les âmes se réveillent.

Rue du président Herriot. Longue file d'attente devant le cinéma. Les grandes marques côtoient les nouveaux créateurs. La vie semble mélancolique et décadente. Je n'ai pas pris mes cigarettes pourtant l'ambiance s'y prête bien.

Quai des Célestins. Les anges du théâtre replient leurs ailes de pierre sous la légèreté des oiseaux. Les bateaux se déshabillent sous le regard approbateur des passants alanguis. Le fleuve ivre fait rouler ses jupons sous leur ventre.


De nombreuses fontaines, insolentes mutines, sous prétexte du vent, nous jettent des perles liquides. Un mur peint nous offre ses couleurs, non loin du Palais de Justice. Des livres géants s'entassent sur le rebords des fenêtre. Un chat fait glisser sa patte sur les lignes lettrées.

Quartier de Fourvière. Contraste avec l'effervescence du centre ville. Le vieux Lyon est paresseux. À l'heure où l'immense bus caresse ses murs, il dort encore à poings fermés. Le funiculaire qui nous conduit jusqu'à la basilique sent la campagne. Des images du Jura me reviennent.

À l'entrée du sanctuaire, un fauve guette. Les anges protecteurs serrent un peu plus fort le pommeau de leur épée. Aucune inquiétude. Je ne vais pas y entrer. Sur le toit, la ville est étendue devant nous comme une femme nue sur son lit. Des trous de lumière, jouets des nuages, étoilent par moment le mystère de la ville.


Montpellier me rassurait. Elle me protégeait depuis mon enfance et m'avait vu grandir. Elle était maître des mes premiers souffles décadents et avait lu avec patience mes premiers écrits.

Lyon, impétueuse languissante s'était offerte à moi sans rien attendre en retour. Mon âme est encore là-bas. Dans ses parcs où les vieux squattent les bancs de bois. Où les femmes savent se faire discrètes ou élégantes. Féline en liberté, j'ai posé le pieds sur leur territoire. Ni la peste, ni le choléra, ni les Prussiens n'avaient réussi à les dompter.


Lyon ne m'avait rien donné. Ni la vie, ni une famille, ni un toit... et j'adorais ça. Nous étions deux indépendantes qui s'étaient trouvées.


Lyon, trois fois sauvée

Y vivre ou y mourir

Onirique chimère languissante

N'a pas griffé la décadente

( 30 et 31 août 2007)




Commentaire de vn (04/09/2007 21:01) :

Tu as trouvé une ville à ta hauteur.

http://p-inkcoffin.livejournal.com

Commentaire de Dark. (11/09/2007 12:30) :

Sublime. Tant le poème que la ville décrite. Lyon, riche de beauté, de culture et de tant d'autres choses...


Commentaire de NiaK© 07 (14/09/2007 19:25) :

Miam! Les recettes de cuisines de Lyon ^^... Cette ville regorge de petits bouchons, plus appétissants les eux que le autres ^^...
Comme tes textes Rose Acide ^^...


Commentaire de l\'auteur du blog (15/09/2007 17:50) :

J'ai goûté les pognes, spécialités de Lyon. Ce sont des brioches avec des éclats de praline. Un délice! Merci de ton passage Ni@k.




Rêve du 12 Septembre

16/09/2007 20:05



 J'ai fait un rêve étrange et j'avais envie de l'écrire. Je me suis posée devant la salle de cour, accroupie, et  je me suis souvenue...

 

  • Ibericos... Où est-ce qu'on prend le bus pour aller à Palavas? avais-je rêvé.

Le paysage c'était brouillé. On m'attendait plus loin. Ma mère, peut-être.

J'ai répondu à l'inconnu onirique. Non, décidemment, je ne savais pas où j'étais.

Puis j'ai croisé deux hommes noirs sur le trottoir. L'un d'eux a appuyé son doigt sur le galbe de ma joue. Il me dépassait, je me suis retournée. Je n'avais pas peur pourtant. Sourires.

Impatience d'ébène, il a tiré la manche de ma veste en jean. J'avais une épaule à l'air.

  • Où est-ce que tu vas? Reste avec nous...

  • On m'attend... je ne peux pas.

Aussitôt, il a plaqué sa main sur mon coup. Étouffer. Le premier inconnu est venu m'aider. Sa peau avait la couleur du caramel et j'aurais aimé y poser ma langue pour savoir si c'était vrai.

Les bruits d'une bagarre pendant que je courais.

J'ai rejoins ma mère sous un abri de bus (peut-être celui pour Palavas). Ma soeur, ainsi qu'une autre personne, étaient là. Je me suis écroulée à leurs pieds. J'ai pleuré tandis qu'elle parlaient entre elles, respectueuses de ma douleur. Pour la première fois, je n'en voulais pas à ma mère de ne pas me consoler.

Radio. Un chat à mes pieds.

J'avais mal au cou. Je me levais pour aller me regarder dans le miroir. Aucune trace rouge. J'avais peur que la couleur de sa peau est déteinte sur la mienne tant l'étreinte avait été violente. Mon corps était blanc. S'en était presque dommage...


Dans le tram, baladeur en bandouillère. Lorsque je la vis à la gare, je regrettais de ne pas avoir un appareil photo. Pourquoi a-t-elle attiré mon regard? Elle était le contraire des femmes qui me passionnaient. Elle était même l'opposée de la femme que je détestais: la fille en rouge, allongée sur une peau de bête. Blonde écarlate. Coquelicot de l'hiver. Les ongles peints dans le sang.

Près d'un arbre centenaire, mur en pierre, l'inconnue de la gare attendait son chauffeur. Verte la robe en dentelle, pomme les rubans de ses jupes, émeraude vagabonde.

Elle ne me vît pas. Tan mieux, peut-être.

Sur le chemin de la faculté, un homme noir me fixait. Il était couvert d'ombres et seuls ses yeux ivoires étaient vivants.

Finalement, je me suis assisse pour écrire. Et j'ai pensé à la fille en rouge, parce qu'elle était couverte de sang.

(rêvé le 12 Septembre, écrit le lendemain)



Commentaire de Dark. (16/09/2007 21:19) :

Les rêves sont souvent étranges. Celui-ci l'est beaucoup pour moi. Il me faudrait des connaissances en psychanalyse pour y comprendre des choses, y relever des détails. Mais j'adore la façon dont tu écris. Les couleurs sont très présente, cette lecture fût très visuelle, j'ai aimé.


Commentaire de Nolween eawy (28/10/2007 16:54) :

Bouhhh tu as déjà beaucoup écrit sur ton blog ... je fais une pause et je repasserais (si si j'en viendrais à bout!). Bonne continuation et à plus tard dans ton univers




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